Gabon: trois morts dans les violences, état de siège envisagé à Port-Gentil

Monde - International dim 6 sep, 23:27

Trois personnes sont mortes dans les violences post-électorales depuis le 3 septembre à Port-Gentil, capitale pétrolière du Gabon, a affirmé dimanche le ministre de l'Intérieur et de la Défense, menaçant de requérir "l'état de siège" pour mettre fin aux troubles.


Sur les trois décès, "personne n'a reçu une balle tirée d'une arme militaire", a déclaré devant la presse le ministre gabonais, Jean-François Ndongou, qui s'est rendu à Port-Gentil (ouest).

"Il y a des consignes claires et fermes de ne pas utiliser de balles réelles. Les militaires utilisent seulement les gaz lacrymogènes", a ajouté M. Ndongou, qui a soutenu devant les notables de Port-Gentil être "prêt à accepter une enquête internationale" sur la question.

Jusqu'à dimanche, l'AFP avait pu établir un bilan d'au moins deux morts sur la base des témoignages des familles des victimes.

Port-Gentil, placée sous couvre-feu la nuit, est le théâtre d'émeutes, pillages et d'incendies depuis l'annonce, le 3 septembre, de l'élection à la présidence d'Ali Bongo, fils du défunt président Omar Bongo Ondimba.

Il a par ailleurs menacé de solliciter du parlement l'autorisation d'instaurer un état de siège dans cette cité portuaire si les violences s'y poursuivaient, en invitant à ne pas en faire "un champ de bataille".

Selon la Constitution gabonaise, "le président de la République peut, lorsque les circonstances l'exigent, après délibération du Conseil des ministres et consultation des bureaux de l'Assemblée nationale et du Sénat, proclamer par décret l'état d'urgence ou l'état de siège, qui lui confèrent des pouvoirs spéciaux".

"Nous n'en sommes pas encore à ce niveau. Mais si d'aventure l'ordre, la paix et l'harmonie ne sont pas de mise, nous allons solliciter cette autorisation au parlement", a déclaré le ministre.

"Mais de ce que j'ai vu, le calme revient progressivement", a-t-il estimé, affirmant s'être rendu sur place "pour rassurer les populations.

Interrogé par France 24 sur la possibilité de décréter l'état de siège à Port-Gentil, le Premier ministre gabonais Paul Biyoghé Mba, a répondu: "Pas du tout, au contraire, le calme revient progressivement".

"Il est possible que demain ou après-demain on lève le couvre-feu, donc on est très, très loin de l'état de siège", a-t-il ajouté.

Dans la ville, une cinquantaine d'épaves de voitures étaient visibles tout comme des kiosques à jeux renversés et des barrages dressés.

Au marché de Grand-Village, près du centre-ville, pillé plusieurs fois depuis le début des violences, une commerçante, Justine Obame, a raconté à l'AFP qu'elle avait "tout perdu".

"La première nuit, ils sont venus, ils ont tout brûlé dans le quartier. Le lendemain soir, ils sont revenus pour prendre ce qui n'avait pas été pris. Toute ma marchandise a été brûlée".

Des centaines de personnes ont quitté Port-Gentil, mais, selon un militaire, "il n'y a pas d'exode". Dimanche matin, plusieurs centaines de personnes se pressaient aux embarcadères de cette ville côtière, avec quelques maigres bagages, dans l'espoir de fuir, a constaté un journaliste de l'AFP.

Située sur une presqu'île, Port-Gentil n'est accessible que par bateau ou avion, aucune route ne la reliant au reste du pays. Les compagnies aériennes y ont suspendu leurs vols en raison des violences.

Le roi Mohammed VI du Maroc a félicité dimanche Ali Bongo Ondimba pour son élection, lui adressant ses "sincères voeux de plein succès", selon le média privé gabonais en ligne Gabonews.

Le président en exercice de l'Union africaine, le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, avait été un des premiers à le féliciter, suivi du président camerounais Paul Biya.


SOURCES : http://www.rtlinfo.be/info/monde/international/269187/gabon-trois-morts-dans-les-violences-etat-de-siege-envisage-a-port-gentil

legende photo :

Trois personnes sont mortes dans les violences post-électorales depuis le 3 septembre à Port-Gentil, capitale pétrolière du Gabon, a affirmé dimanche le ministre de l'Intérieur et de la Défense, menaçant de requérir "l'état de siège" pour mettre fin aux troubles.

Gabon: trois morts dans les violences, état de siège envisagé à Port-Gentil
[ Dash a comment ] [ No comments ]

# Posted on Monday, 07 September 2009 at 6:42 AM

Hommage à Omar BONGO

[ Dash a comment ] [ No comments ]

# Posted on Monday, 07 September 2009 at 7:11 AM

Ali Bongo succède officiellement à son père

par RFI

Article publié le 12/10/2009 Dernière mise à jour le 13/10/2009 à 08:37 TU

La Cour constitutionnelle a finalement validé lundi soir l'élection d'Ali Bongo à la tête du pays. Il y avait eu 11 requêtes en annulation déposées par 9 candidats et une citoyenne. L'ex-ministre de l'Intérieur André Mba Obame, avant même l'annonce des résultats, a annoncé qu'il entamait lundi une grève de la faim. Il a été crédité de 25,33% des suffrages.

Jusqu'au bout, Ali Bongo a essayé de légitimer sa victoire contestée par les principaux opposants. En effet, onze recours en annulation du scrutin avaient été déposés par neuf des dix-huit candidats. Ils invoquaient des fraudes massives.

Ali Bongo avait à l'époque deux possibilités. Soit passer en force et se faire investir rapidement, au risque de rallumer l'incendie de la contestation, ou alors gagner du temps, en jouant la carte constitutionnelle. Il a choisi la seconde solution.

Si le fils du défunt président, Omar Bongo, a choisi d'aller jusqu'au bout de cette logique constitutionnelle des recours, c'est sans doute pour faire oublier la polémique consécutive à sa victoire.


Faustin Boukoubi, secrétaire général du PDG
« Les prises de position de l'opposition sont une réaction émotive, une réaction de mauvais perdants qui ont du mal à accepter la défaite ».

13/10/2009 par Juliette Rengeval

Pendant deux semaines, la Cour constitutionnelle a compté et recompté les suffrages du 30 août. Elle a examiné les procès-verbaux des 2 815 bureaux de vote. Mais à Libreville, les adversaires d'Ali Bongo ne se faisaient guère d'illusions sur le verdict de cette cour. Ils avaient même réclamé la démission de la présidente de cette cour, jugée trop proche du régime et de l'ancien président.


La proclamation des résultats définitifs
Correspondance de Libreville

13/10/2009 par Emmanuel D'Abzac

La victoire d'Ali Bongo est donc confirmée. Mais dans l'opposition, l'ancien ministre de l'Intérieur ne pourra pas se prévaloir du statut de premier opposant au régime. André Mba Obame a été rétrogradé par la Cour constitutionnelle de la deuxième à la troisième place. André Mba Obame qui a décidé de gâcher la fête de l'investiture en annonçant qu'il entamait ce lundi une grève de la faim. Mais y a-t-il aujourd'hui un dialogue possible entre l'opposition et le président élu ? « Le dialogue, c'est partir sur des bases saines », répond André Mba Obame.

André Mba Obame

« Le dialogue : c'est partir sur des bases saines et éviter l'humiliation de la population. »


13/10/2009


Quant à Maître Gaston Mayila, directeur de campagne de l'opposant Pierre Mamboundou, il estime que « nous entrons dans une phase d'incertitude ».


Maître Gaston Mayila, directeur de campagne de Pierre Mamboundou

« Une chose est d'être déclaré élu, une autre est de pouvoir gouverner. »

SOURCES : http://www.rfi.fr/actufr/articles/118/article_85583.asp

Ali Bongo succède officiellement à son père
[ Dash a comment ] [ No comments ]

# Posted on Wednesday, 14 October 2009 at 6:19 AM